Le SIMDUT au Québec : ce que la CNESST exige des employeurs
FDS, étiquettes, langue française et formation selon la LSST et le RIPD
Le SIMDUT au Québec en bref
- Organisme de réglementation
- Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).
- Législation
- Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) et Règlement sur l'information concernant les produits dangereux (RIPD).
- Mise à jour des FDS
- 90 jours après la connaissance d'une nouvelle donnée importante (RIPD, art. 23); étiquettes du lieu de travail : 180 jours (RIPD, art. 11).
- Langue
- Étiquette, affiche et FDS en français; une traduction ne peut l'emporter sur le texte français (LSST, art. 62.4).
- Application et sanctions
- Avis de correction, suspension des travaux, poursuites pénales; amendes revalorisées chaque année (LSST, art. 182, 186, 242 et 237.1).
Au Québec, le SIMDUT repose sur deux paliers : la loi fédérale encadre le fournisseur, la loi québécoise encadre l'employeur.
Au palier fédéral, la Loi sur les produits dangereux et le Règlement sur les produits dangereux (RPD) visent les fournisseurs, dont la FDS et l'étiquette doivent être dans les deux langues officielles (RPD, art. 6.2(1)).
Dans un établissement québécois, la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) et le Règlement sur l'information concernant les produits dangereux (RIPD) fixent les obligations de l'employeur. La CNESST inspecte et intente les poursuites.
Qui fait appliquer le SIMDUT au Québec
Les inspecteurs de la CNESST peuvent enquêter et faire des essais (LSST, art. 180), émettre un avis de correction assorti d'un délai (LSST, art. 182) et, en cas de danger, ordonner la suspension des travaux ou la fermeture et apposer les scellés (LSST, art. 186). La CNESST peut intenter une poursuite pénale (LSST, art. 242).
L'article 236 fixe les amendes pour toute contravention; l'article 237, pour la personne qui met directement et sérieusement en danger un travailleur. Chacun distingue la première infraction, la récidive et la récidive additionnelle, ainsi que la personne physique et la personne morale. Les montants sont revalorisés chaque 1er janvier (LSST, art. 237.1).
Fourchettes 2026 pour une personne morale (CNESST, Cadre d'émission des constats d'infraction, mars 2026) :
- Art. 236 : 2 115 $ à 4 226 $ (première infraction), 4 226 $ à 8 451 $ (récidive), 8 451 $ à 16 904 $ (récidive additionnelle).
- Art. 237 : 21 127 $ à 84 519 $ (première infraction), 42 261 $ à 211 299 $ (récidive), 84 519 $ à 422 596 $ (récidive additionnelle).
Les obligations de l'employeur à l'égard des FDS
Un employeur ne peut permettre l'utilisation, la manutention ou l'entreposage d'un produit dangereux sans étiquette et FDS conformes, ni avant que le travailleur exposé ait reçu la formation et l'information requises. Seule exception : stocker le produit pendant qu'il fait, avec diligence, les démarches pour les obtenir (LSST, art. 62.1).
L'employeur transmet une copie de chaque FDS au comité de santé et de sécurité ou au représentant en santé et en sécurité, la conserve et la rend facilement accessible à tout travailleur sur le lieu de travail. Il consulte le comité, ou les travailleurs, sur le meilleur moyen d'y donner accès (LSST, art. 62.6).
Il rédige une FDS du lieu de travail si le fournisseur ne fournit pas la fiche requise ou s'il fabrique le produit sur place (RIPD, art. 17), sans être tenu de remplir les rubriques 12 à 15 (RIPD, art. 18). La fiche peut être informatisée si elle reste facilement lisible et rapidement accessible sur papier à tout travailleur susceptible d'être exposé (RIPD, art. 20). Une fiche perdue ou illisible est remplacée immédiatement (RIPD, art. 22).
Une nouvelle donnée importante est une donnée sur les dangers qui modifie la classification du produit ou les moyens de s'en protéger (RIPD, art. 1). L'employeur en avise les travailleurs et le comité ou le représentant le plus tôt possible, et met la FDS à jour dans les 90 jours (RIPD, art. 23).
Étiquettes et langue : le français d'abord
L'étiquette, l'affiche et la FDS doivent être en français. Une traduction peut accompagner le texte français, sans l'emporter sur lui ni être plus accessible (LSST, art. 62.4). La Charte de la langue française impose la même règle aux inscriptions sur un produit, son emballage et son mode d'emploi (Charte, art. 51).
L'étiquette du fournisseur conforme à la loi fédérale suffit (RIPD, art. 4). L'employeur prépare une étiquette du lieu de travail notamment si elle manque, pour un produit en vrac, un transvasement ou un produit fabriqué sur place; elle indique le nom du produit, les conseils de prudence et la disponibilité de la FDS (RIPD, art. 6 à 8).
Une étiquette illisible est remplacée immédiatement (RIPD, art. 10) et mise à jour dans les 180 jours suivant une nouvelle donnée importante (RIPD, art. 11). Le contenant portatif rempli à partir d'un contenant étiqueté, utilisé par un seul travailleur et vidé durant le même quart, peut porter le seul nom du produit (RIPD, art. 12 et 13). La tuyauterie, les cuves de réaction et les convoyeurs sont clairement identifiés (RIPD, art. 14).
Les documents de formation destinés au personnel doivent être disponibles en français. L'employeur peut écrire exclusivement dans une autre langue au travailleur qui le demande (Charte, art. 41).
Formation et droits des travailleurs
L'employeur applique un programme de formation et d'information établi par le comité de santé et de sécurité ou, sans comité, par l'employeur en consultation; il est intégré au programme de prévention lorsque celui-ci est exigé (LSST, art. 62.5).
Le programme est adapté aux travailleurs, au milieu et aux produits, et prévoit des moyens de vérifier la compréhension (RIPD, art. 29). Il est mis à jour annuellement ou aussitôt que la situation le requiert (RIPD, art. 31). La formation est requise pour tout nouveau travailleur, une nouvelle tâche, un nouveau produit dangereux et quand une nouvelle donnée importante modifie une étiquette ou une FDS (RIPD, art. 32).
Le travailleur a droit à la formation, à l'entraînement et à la supervision appropriés (LSST, art. 9 et 10). L'employeur l'informe des risques liés à son travail et communique la liste des matières dangereuses utilisées dans l'établissement (LSST, art. 51, par. 9 et 13). La CNESST ne donne, n'accrédite ni ne certifie aucune formation SIMDUT : il n'existe pas de certificat officiel.
Employeurs présents dans plusieurs établissements ou provinces
Le Québec applique la règle des 90 jours, comme l'Ontario, l'Alberta, le Manitoba, le Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard. Ailleurs, l'employeur doit rechercher activement une FDS à jour tous les trois ans.
Le Québec exige aussi le français (LSST, art. 62.4). Pour un employeur présent au Québec et ailleurs, le plus simple est un seul système bâti selon la règle la plus exigeante : une bibliothèque de FDS bilingue, des fiches remplacées dès qu'une nouvelle donnée importante est connue et une formation offerte en français au Québec.
Ce qui a changé récemment
Les dates à retenir depuis 2022.
| Date | Changement | Source |
|---|---|---|
| 15 décembre 2022 | Modifications au RPD en vigueur (SGH, 7e révision et certaines dispositions de la 8e) : nouvelle classe Produits chimiques sous pression, aérosols de catégorie 3, gaz inflammables 1A et 1B. | Santé Canada |
| 1er octobre 2025 | Programme de prévention, comité de santé et de sécurité (CSS) et représentant en santé et en sécurité (RSS) dès 20 travailleurs; plan d'action et agent de liaison (ALSS) à 19 ou moins. Délai d'un an pour un employeur nouvellement assujetti. | CNESST; LSST, art. 58, 68 et 87; Règlement sur les mécanismes de prévention et de participation en établissement (RMPPÉ), art. 4 |
| 1er décembre 2025 | Le RIPD renvoie à la 7e édition révisée du SGH plutôt qu'à la 5e. | Décret 647-2025 |
| 14 décembre 2025 | Fin de la transition fédérale vers le RPD modifié. | Santé Canada; CNESST |
| 1er octobre 2026 | Formation des membres du CSS et des RSS désignés avant cette date dans un établissement de niveau 4, ou 120 jours après la désignation si c'est plus tard. | RMPPÉ, art. 39 |
Les organisations au Québec
CanadaSDS soutient des organisations dans toutes les provinces et tous les territoires, y compris le Québec, avec une bibliothèque de FDS bilingue accessible en tout temps en ligne, sur mobile et par code QR. Notre équipe de soutien vérifie les FDS par rapport aux versions récentes des fournisseurs; nous offrons aussi la rédaction de FDS bilingues.
Questions fréquentes
Réponses courtes, avec les articles à consulter.
90 jours après que l'employeur a pris connaissance d'une nouvelle donnée importante, avec un avis aux travailleurs et au comité le plus tôt possible (RIPD, art. 23); 180 jours pour l'étiquette du lieu de travail (RIPD, art. 11).
Pour le fournisseur, la CNESST indique les mêmes délais (RPD, art. 5.12); l'ancienne révision aux trois ans ne s'applique plus.
Pas en anglais seulement. Elles doivent être en français, et une traduction anglaise ne peut l'emporter sur le texte français (LSST, art. 62.4; Charte, art. 51). La FDS et l'étiquette du fournisseur sont exigées en français et en anglais (RPD, art. 6.2(1)).
Quand le fournisseur ne fournit pas la FDS requise et quand l'employeur fabrique le produit sur place (RIPD, art. 17; LSST, art. 62.2). D'ici là, le produit peut seulement être stocké (LSST, art. 62.1).
Avant d'utiliser le produit (LSST, art. 62.1), puis pour tout nouveau travailleur, toute nouvelle tâche, tout nouveau produit dangereux et toute nouvelle donnée importante qui modifie une étiquette ou une FDS (RIPD, art. 32).
Notamment les étiquettes, les affiches et les FDS, les dangers, la manutention sécuritaire, les procédures d'urgence, ainsi que l'accès aux FDS et leur transfert sur papier (RIPD, art. 30). Il est mis à jour annuellement ou aussitôt que la situation le requiert (RIPD, art. 31).
Oui. Le RIPD ne mentionne pas de cartable : la FDS peut être informatisée si elle est facilement lisible et rapidement accessible sur papier à tout travailleur susceptible d'être exposé (RIPD, art. 20).
La transition fédérale vers le RPD modifié a pris fin le 14 décembre 2025; le RIPD renvoie à la 7e édition révisée du SGH depuis le 1er décembre 2025 (décret 647-2025).
Depuis le 1er octobre 2025, les établissements de 20 travailleurs ou plus doivent avoir un programme de prévention, un comité et un représentant en santé et en sécurité (LSST, art. 58, 68 et 87); un employeur nouvellement assujetti dispose d'un an (RMPPÉ, art. 4).
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